La logique de l’Evangile

On ne peut être à la fois pour l’Evangile
et pour le fanatisme.
On ne peut se prétendre du Christ
et défendre la ségrégation raciale.
On ne peut affirmer : Dieu est unique
et entretenir division et séparation.
On ne peut se situer dans l’Evangile
qui met les petits à côté de Dieu
et se ranger résolument du côté des puissants.
On ne peut se nommer serviteur
à la façon de Jésus de Nazareth
et se comporter comme un seigneur.
On ne peut inviter à l’humilité du Fils
et, en même temps, exiger la première place.
On ne peut chanter une Eglise joyeuse et ouverte à tous
et inventer des condtions de pureté telles
que plus personne ne désire y entrer.
On ne peut annoncer un Sauveur
venu d’abord pour les pécheurs et les brebis perdues
et accueillir seulement les purs et les dignes et les conformes.
Qui oserait décider du « casier »
des hommes et des femmes à la quête de Dieu ?
On ne peut crier que l’Evangile détient la puissance
d’inventer le monde à l’image créatrice de Dieu
et se contenter de reproduire les coutumières structures du passé.
Seigneur, où trouverai-je la grâce
de vivre en logique avec l’Evangile du Christ ?

Charles Singer

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Dieu qui se penche sur l’Homme

Ces quelques vers nous parlent d’un Dieu qui se penche sur l’Homme pour être plus près de lui…
et l’aider à se relever.

« Ô Homme, pétri de
Bien et de mal…
Homme, spectacle du jour, tu te lèves le matin…
Et tu t’endors le soir pour un peu de repos…
En toi, chaque jour, s’accomplit…
L’équinoxe du printemps…
Tu es l’arbre qui nourrit ses fleurs…
Le ciel qui offre ses étoiles…
La nuit qui répand ses ténèbres…
C’est dans ces heures de ténèbres…
Que je viens te chercher…
Partout où commence la fugue amoureuse…
Entre toi et moi…
Moi qui entre dans ton sommeil…
Et quand tu rêves de démons…
Les démons de ta mort…
Pour toi, je ressuscite le jour. »

Page 35 et 36 de Amour Minuscule de Teresa Radice et Stefano Turconi.

NB  Dans la BD tout le texte est écrit en majuscule

Ton Royaume s’approche

Voici le texte lu au cours de la célébration de ce 6 juillet.

Ton Royaume s’approche
Et c’est comme s’il me tendait la main
Il me dit « aujourd’hui »
là où tant d’autres me disent « demain »
Il s’approche là où je suis, comme une visitation
que je sois prête ou non

Ton Royaume s’approche
Je le dis chaque fois que je prononce ton nom
Je le crie aux montagbnes qui le savaient déjà
Je le dis à mes frères en disant : « Ne crains pas »

Ton Royaume s’approche
Et Il n’a pas besoin que je le précipite,
il connaît son temps et il connaît le mien.
Il a seulement besoin que je le laisse venir
en entrant dans la ronde des enfants de la Paix.

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

Se mettre en route

Voici le texte lu lors de la célébration de ce 29 juin.

Se mettre en route,
c’est quitter l’immobilisme qui nous fige,
c’est entrer en mouvement
et mobiliser toutes ses énergies,
celles du corps et celles du coeur,
pour tendre vers un même but.

Se mettre en route, c’est créer l’harmonie
entre les yeux et le regard,
entre l’oreille et le son,
entre les lèvres et la parole.
C’est passer de la nuit à la lumière.

Se mettre en route, c’est choisir une direction
et c’est partir ensemble afin de vivre,
de vivre les retrouvailles,
de vivre la rencontre.

Se mettre en route, c’est ne plus être seul,
car c’est tout un peuple qui se met en mouvement,
c’est tout un peuple qui se met en marche,
c’est tout un peuple qui est en espérance,
en attente d’une promesse inouïe.

Se mettre en route, c’est notre affaire,
il y va de notre vie, de notre avenir.
Oui, se mettre en route,
c’est vraiment l’histoire d’un peuple.

Robert Riber

 

A l’écart comme au coeur

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 22 juin.

Par ton Evangile, nous sommes les heureux dépouillés de nos encombrements
notre soif est pleine comme une outre que tu gonfles de ton eau
le manque est converti en partage,
les mots en silence et la Parole en mots

Par ton Evangile, l’absence révèle la présence,
nos écarts nous font converger vers le coeur
si tu t’éloignes, c’est pour nous rejoindre ailleurs
et nous bénir encore
d’un déplacement nouveau

Par ton Evangile, la mort est convertie en naissance
l’incarnation fait de nos corps des maisons d’éternité
et ce qui dort enfin frémit sous la voix du Ressuscité

Marion Muler-Collard, in Eclats d’Evangile

L’Esprit de la vérité

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 15 juin

J’aurais voulu, Seigneur, graver une épitaphe
à l’endroit de ta Croix
Chercher le Mot des mots pour toi le Roi des rois.
Mais l’Esprit m’a soufflé :
Sa Parole est trop vive pour tenir dans un mot.
Elle ne se fixera ni ici ni ailleurs
Ne l’avais-je pas compris ? Tu l’avais pourtant dit.
Il faut, pour le savoir, la mémoire du vent

J’aurais voulu savoir, une fois pour toutes
comment parler de toi
Te bâtir une église qui contienne ma foi
ériger des dogmes qui contiennent ta loi
Mais l’Esprit a soufflé :
il n’y eut soudain plus de murs entre nous
seulement le son liant que laisse dans son sillage
la mémoire du vent

J’ai voulu en découdre, connaître ta volonté
tenir un souvenir
Comprendre tout de toi, t’attraper, te saisir
Mais l’Esprit m’a soufflé :
La véfité jamais ne tient dans un souvenir
Elle vibre de redire chaque jour qu’il est vivant
Tu ne saisiras rien
Ce qui est saisissant, c’est la mémoire du vent.

 

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

« Je vous donne ma paix »

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 25 mai

N’est-ce pas, mon Dieu, qu’elle n’est pas antalgique, cette paix que tu donnes au climax de la peur, au comble de nos nuits ?

N’est-ce pas qu’elle n’est pas un bonbon à sucer
mais la Parole libre de la libre espérance ?

N’est-ce pas, mon Dieu, qu’elle est l’indomptable cheval de ton audace qui se cabre devant rien et trace son chemin de lumière
qui fend, d’une brèche légère, l’épaisseur de nos angoisses ?

Elle nous ranime, ta paix, sans concession avec la réalité

Elle tient nos yeux ouverts et nous voyons bien en face qu’il n’y a rien de rassurant qui s’ouvre devant nous

Elle toise le scandale, elle ne s’offusque pas de nos mâchoires serrées

Elle affirme simplement que le drame va être joué
mais elle abolit d’ores et déjà le tragique de nos vies

Elle est le rire franc des enfantq qui tiennent dans leurs mains une pierre lourde et grave et la lancent au ciel
comme un oisillon frêle à qui tu donnes soudain des ailes pour voler

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile