L’aujourd’hui de Dieu

Voici le texte lu lors de notre célébration de ce 16 février.

Accueilleras-tu le jour qui vient
comme un aujourd’hui de Dieu ?

Sauras-tu découvrir
des éveils poétiques en chaque saison,
aux jours de pleine lumière
comme dans les nuits glacées d’hiver ?

Sauras-tu égayer ton humble demeure
par des signes qui épanouissent le cœur ?
Sans arrière-pensée, sans regret, sans nostalgie,
cueillir les événements, même minimes,
avec un émerveillement non épuisable.

Va, chemine, mets un pas devant l’autre,
avance du doute vers la foi
et ne te préoccupe pas des impossibilités.
Allume un feu, même avec les épines qui te déchirent.

Frère Roger de Taizé

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Sur ta Parole

Voici le texte lu lors de la célébration de ce 9 février.

Sur ta Parole,
j’irai, comme Pierre vers des eaux plus profondes
fouiller ma propre quête et sonder mon désir.

Sur ta Parole
je me découvrirai une audace, un élan
une faim que je fais taire de peur qu’elle soit frustrée

Sur ta Parole
je me lèverai, comme invitée par un sourire

Sur ta Parole,
je laisserai ma peur sur la rive, je la regarderai enfin
pour ce qu’elle est : un habit étriqué que rien ne m’oblige à porter

Sur ta Parole
mes filets déborderont de tes dons
je rirai dans le doute d’être suffisamment large pour tous les accueillir

Sur ta Parole
je ne présumerai plus de mes propres endroits
de mes chemins tracés
j’irai toujours ailleurs

Sur ta Parole, Seigneur
je saurai que la vie est un mouvement fidèle au grand mouvement du monde
une dance dont tu nous montres chaque jour un nouveau pas

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

Qui mieux que toi…

Voici le texte lu lors de la célébration du 2 février.

Qui nous connaît comme toi, Seigneur ?
Qui, comme toi, sait que nous venons toujours d’ailleurs
d’au-delà des terres qui nous donnent un pays ?
Qui comme toi nous fait grandir, Seigneur ?
Qui nous fait croître en humanité
et nous entaille tendrement d’une blessure d’altérité
par laquelle s’infiltre en nous la riche multitude
des visages étrangers ?
Qui comme toi nous déplace, Seigneur
pour nous protéger de nos scléroses et de nos engourdissements ?
Qui nous déloge de nos a priori et de nos illusions
pour nous plonger dans l’audace de vivre et de découvrir ?
Qui comme toi nous pousse dans le dos et gonfle les voiles de nos élans ?
Qui mieux que toi, Seigneur, peut nous faire la grâce des éternels recommencements ?

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

Fais de nous des humains

Voici le texte lu à la fin de la célébration du 12 janvier dernier.

Fais de nous des humains
comme tu l’es devenu toi-même, voué aux mains incertaines des hommes
à leurs mains tremblantes ou arrogantes
plongé dans l’eau tumultueuse de notre condition angoissante

Fais de nous des humains
accorde-nous la grâce de plonger
avec toi sous les mains bienveillantes d’un frère de foi
sous le regard confiant de Dieu qui nous attend

Fais de nous des humains
pétris encore par nos guerres,
embourbés dans nos contradictions
trop occupés de nous-mêmes
mais marqués du sceau de ton baptême
qui nous fait souvenir ton Nom

Fais de nous des humains,
que chaque jour nous sortions de nos eaux anciennes
renouvelés par la présence invisible d’une communauté humaine
liés ensemble par ton vœu d’amour
ton pacte d’adoption.

Marion Muller-Collard, in Eclats d’Evangile

La grande chapelle… suite

Vous voulez savoir ce qu’est devenue la grande chapelle qui abritait durant de longues années nos célébrations ?
Après les grands travaux, elle s’est transformée en centre de jour qui accueille 25 adultes en situation de handicap, avec un projet pédagogique qui s’articule autour de la boulangerie.
Un site internet explique en détails le projet et présente la carte des produits de boulangerie et pâtisserie qu’ils proposent.

Pourquoi donc me cherchiez-vous ?

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 29 décembre.

Jusqu’ici on ne lui connaît
aucun discours ;
son enfance pourtant est cousue
de paroles,
bulles de joie ou de colère
selon les jours.

Entre son père et sa mère,
il boit au bol des saisons,
un parmi les familles de la terre.

Dans les ruelles de son village,
il grandit au sein d’une fratrie
de sourires et d’orages.

Aux soirs de fête, ses yeux inouïs
font mûrir les pommettes des filles
serrées autour de lui.

Il va, il vient
et comme tous ceux qui ont faim,
il taille amplement dans le pain
quotidien.

Certains jours son regard se décale,
le temps d’une passée de nuages,
habité d’un secret qu’on devine large.

Même ses parents n’osent la question ;
serait-il le fils d’un ailleurs échappant
aux généalogies de la chair
et de la raison ?

La réponse commence d’avoir lieu
à Jérusalem, c’est au milieu du Temple
que la vérité prend feu.

A l’ombilic du monde
dans la ville messianique
où l’origine nous émonde,

le ciel dépose sur la terre
un nouvel horizon,
quand l’enfant de Nazareth
devient pour ses parents…
annonciation !

Francine Carrillo, in Le Plus-que-Vivant

Notre Père

Visage sans visage, notre domicile,

Que brûle ton noyau de joie,

Que gagne ton royaume de bonté,

Que prenne chair ton verbe de douceur dans tout le réel,

Tiens-nous table ouverte, partout, à tout instant,

Accueille-nous en tes bras de tendresse,

nous essayons de faire de même pour nos frères,

Sois notre intime allié dans le combat contre le noir, pour la lumière.

Oui, oui.

Frère Bernard-Joseph Samain – Moine trappiste à Orval.

Magazine L’Appel n°413 Janvier 2019