« Ils partirent »

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 10 juillet, avec un petit complément 😉 :

« Le randonneur spirituel ou le voyageur éclairé savent qu’il n’y a pas de lieu saint ou sacré ; c’est notre façon de marcher sur la terre qui en fait une terre sacrée ou une lande profane et, s’ils aiment les lieux saints et sacrés connus et réputés comme hauts lieux et buts de pèlerinage, c’est pour mettre leurs pas dans les pas de ceux qui les ont précédés et qui, grâce à leur façon attentive, respectueuse et célébrante d’y marcher, on pu y reconnaître « la Présence ».

(…) c’est la Présence qui nous donne la force de marcher, c’est le Souffle qui à certains moments inspire et allège notre marche.

(…) Le pèlerin n’est pas parfait, il est perfectible,
c’est pour cela qu’il marche.
Il faut tant de chaos pour faire une étoile… »

Jean-Yves Leloup, in L’assise et la marche

Nul n’est prophète en son pays

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 3 juillet.

Acquis de Dieu, tu portes en toi sa marque innée
qui déroute les combines de la génétique
qui convertit les lois de la fatalité
qui fait voler en éclats les équations du déterminisme

A qui irions-nous ?
Toi seul sais qui nous sommes car tu sais qui tu es
et il nous faut des hommes qui connaissent intimement
les ressources étouffées qui sommeillent dans nos rêves

Acquis de haute lutte tu tiens le flambeau
qui éclaire pour rendre libre et rend libre pour aimer
Autiste extraverti qui cogne à mon carreau,
j’entends dans ta parole
la folie de celui qui fait faire naître un homme.

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

Doué pour garder surface, tu l’es vraiment !

Loin des quais, les voiles sur l’Océan Atlantique, il y a deux nuits, j’étais de garde. Des vagues violentes menaçaient à chaque fois de déborder sur le bateau, mais sa course se poursuivait et se prolongeait malgré tout. C’est même à ce moment-là que je formulais cette pensée parce qu’il en est ainsi dans la vie : quelque événement qui t’ait affronté, aussi longtemps que tu vis, tu passeras à travers.

Il y a six ans me voilà au fond du puits : rupture de ma relation, un déménagement récent, décès subit de ma mère et des dettes. Des mois durant je ressentais mes échecs dans toutes mes initiatives. Comment en suis-je sorti ? Pas à pas en  une discrète continuation. De la thérapie. De l’aide de mes amis matériellement aussi. L’un d’eux me permit d’habiter chez lui. D’après moi, la relation avec les autres ressemble à la force motrice d’un bateau en pleine mer : il semble qu’il y ait autour de toi des supporters qui t’accompagnent. 

Une véritable consolation, même si tu as l’impression de plonger la tête sous l’eau, tu ne t’enfonces pas vraiment. Car mon for intérieur a toujours été soutenu. Depuis le petit gamin qui admirait les bateaux en compagnie de son papa jusqu’à cet homme de 48 ans en compagnie de ses enfants, au milieu de son nouvel appartement plein de toutes sortes d’objets jusqu’à ce que je te dise « moi » j’ai toujours existé.  

Il s’agit du même noyau qui survit lorsque tu médites jusqu’à ce toutes tes pensées et tes expériences perdent leur sens. Par conséquent, quelles que soient les coups que tu encaisses, tu assumes aussi ta subsistance. Le ressens-tu ? Il ne te reste par conséquent que de continuer à garder surface. Même jusqu’à ce que tu meures. Ce qu’il y a de beau à la mort, c’est qu’elle constitue le relâchement ultime. C’est alors que tu deviendras la mer.

D’après Randall Casaer

Tekenaar en mensenflluisteraar

« Passons sur l’autre rive. » dit jésus à ses disciples qui emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque. Survint une violente tempête, des vagues surmontaient la barque et la remplissaient pendant qu’il dormait sur un coussin à l’arrière. « Maître nous sommes perdus. »

Marc 4,35,41

20 juin 2020

12e dimanche du temps ordinaire

___________________________________________________________________________________________

Traduction, composition et photo Guy Lambrechts

Pourquoi avez-vous si peur ?

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 19 juin, en écho à Mc 4,40 :

Ainsi la peur
serait un
pas-encore

un pas-encore
de confiance

un pas-encore
d’assurance

un pas-encore
de consistance

Ainsi regardée
elle perd
de sa noirceur

et devient
une invite
à sortir

de la stupeur
où nous jette
parfois la frayeur

pour chercher
plus avant

l’annonce
d’une autre
lueur

le prélude
d’une autre
couleur

Parier

qu’à travers
la souffrance

en dépit
des apparences

la terreur
peut devenir

le terreau
d’une nouvelle
vaillance

Francine Carrillo, in Le Plus-que-vivant

Le leadership en communauté chrétienne – Albert Lorent s.j.

Cet ouvrage entend apporter sa contribution à une réflexion sur les pratiques du leadership dans les organisation d’Église.


Les agents pastoraux engagés dans des responsabilités institutionnelles, sont ici invités à situer leurs pratiques
tant dans leur dimension de foi que dans leur composante institutionnelle et relationnelle.

Un premier chapitre abordera les concepts sur lesquels se fondent notre réflexion: la communauté chrétienne comme communauté de foi et le leadership. Il traitera ensuite les défis que présente l’évolution de sociétés d’aujourd’hui,
à partir de la métaphore de la « société liquide* ». Elle présentera ensuite l’une ou l’autre théorie sur le leadership pour élargir le point de vue que nous adoptons, celui de la gestion des structures d’Église.

Quatre autres chapitres examineront les dimensions d’un leadership en Église: le sens comme fondement, les relations comme médiation et les structures reliant l’ensemble dans ses atouts comme dans ses limites.

Un dernier chapitre traitera de quelques aspects pratiques de l’une ou l’autre technique utile à l’exercice d’un leadership dynamique.

Notre cheminement sera enrichi par des exemples et des exercices à faire de préférence en groupe.

Ce texte est extrait du 4ème de couverture de l’ouvrage.

* Société liquide : Concept proposé par le sociologue et philosophe Zygmunt Baumann. (Voir pages 20-24 de l’ouvrage)