Temps pour un nouveau départ…


Depuis la fête de la Pentecôte nous sommes dans les temps liturgiques appelés
communément « temps ordinaires ».
Temps qu’il ne faudrait pas considérer comme un temps mort ; car c’est un
temps où le souffle vivifiant de Pentecôte a rendez- vous avec chacun, chacune
d’entre-nous.
Aujourd’hui notre réalité quotidiennement nous fait percevoir le temps comme
quelque chose qui nous presse (voir même nous oppresse).
Individuellement et collectivement nous courrons toujours plus vite. Bien
souvent avec le sentiment de faire du sur place et de ne pas savoir vers quoi nous
courrons.
Nous faisons de plus en plus de choses à la fois (téléphoner et conduire en même
temps, cuisiner pendant que la lessiveuse tourne).
C’est comme s’il nous fallait déployer de plus en plus d’efforts, simplement pour
ne pas être dépassé par… la vie !!!
Et tout cela nous donne le sentiment d’avoir de moins en moins de temps pour
les choses importantes et essentielles de la vie.
Ce qui est de nature à générer fatigue personnelle et sociale, lassitude, désarroi
et un état quasi vertigineux. Car croyez-moi ; lorsque le temps ne va nulle part,
c’est l’enfer !
Notre vocation n’est-elle pas de simplement laisser la présence de l’Esprit
habiter et féconder ces temps. Et convaincus que l’Esprit est toujours allié de la
Vie, du bien commun ; de la Paix, de nous ouvrir allégrement à son action afin
de faire de nous des Vivants ?
Car la vie chrétienne n’est pas une théorie, mais un style de vie, une attitude
vitale.

Déjà bonnes et belles vacances d’été.
Père Ildephonse NDIMINA

Extrait de ‘Le lien’ – Paroisse St Pierre – Woluwe

Souffle insaisissable

Voici le texte lu à la fin de notre célébration de ce 4 juin :

Où sont les briques de nos vies, Seigneur ?
Dispersées aux quatre vents de ta Parole !
Où est le mortier du Sens, le ciment rassurant ?
En mille morceaux, l’édifice de nos labeurs !
Tu te ris de nous
Tu sèmes le désordre
Tu te caches
Nous ne savons plus…

Souffle insaisissable,
une Autre vie se fraie passage
Demain ne bâtit pas le même hier,
brique par brique

Souffle insaisissable,
une parole, une vraie,
réduit nos murs en miettes,
les briques dures de nos discours

Souffle insaisissable,
tu crées entre nous des verbes nouveaux,
et nous parlons de Dieu sans traduction,
tu nous fais toucher aux cieux du dedans !

Souffle insaisissable,
Sois brûlante amitié en terre de solitude !
Ranime la cendre au foyer des êtres qui désespèrent…
Murmure la tendresse de Dieu au chevet des malades…
Réchauffe nos mains glacées au contact de mains plus glacées encore…
Parle d’amour aux pays de la haine… et dans nos propres familles…
Fais de chacun de nous une Pentecôte inattendue !

Lytta Basset, in Traces vives

La nécessaire transformation de l’Église (De Kesel)

Entretien avec le cardinal Joseph De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles depuis 2015. Dans son livre Foi et religion dans une société moderne (Salvator, 2021), il présente sa réflexion sur la nécessaire transformation de l’Église dans le sens d’une plus grande fidélité à l’Évangile. La sécularisation des sociétés occidentales oblige à revenir aux fondamentaux.

Ducument complet à décharger via le lien ci-dessous:

La nécessaire transformation de l’Eglise (De Kesel)

 

Rester éveillé au cœur des ébranlements

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 1er dimanche de l’Avent.

Ce ne sont pas nos croyances ni nos certitudes
Qui nous rendront plus humains sur cette mer sans cap, agitée,
Dont sommes les marins déboussolés,

Mais cette expérience d’être reliés à tout autre qui souffre,
D’en prendre soin comme de nous-mêmes 
Tout autant que de notre planète qui agonise.

Nous sommes avant tout les enfants du Vivant :
Son souffle nous traverse !
Comment n’en serions-nous pas à notre tour les bergers ?
Tandis que dans leur démesure
Certains se veulent aujourd’hui « transhumains »,
Dotés d’une réalité « augmentée »,
Créateurs de mondes virtuels qui nous affranchiraient de nos limites,
Il nous suffit quant à nous de revenir à la source de ces simples témoins 
Dont nous avons reçu l’empreinte.

Ils se tenaient paisibles et silencieux devant les arbres,
Contemplaient la moisson,
Savaient lire les signes dans le ciel ;
La terre n’était pas pour eux une ressource à exploiter ni à piller
Mais un trésor dont ils se sentaient les gardiens.

C’est dans l’en-bas de nos doutes
Qu’une force insoupçonnée nous relève ;
C’est dans les déserts grignotant nos forêts,
Les flammes gagnant chaque année du terrain,
Les océans qui se soulèvent,
Que nous percevons le sacré de cette demeure si précieuse et fragile
Dont nous sommes les hôtes.

Le poème sera notre boussole,
Nous gardant arrimés à cette terre,
Notre étoile de grand vent indiquant le chemin,
Notre viatique dérisoire
Pour garder au cœur ce compagnon incognito :
Le don qu’il nous fit de son humanité accomplie
Ne cesse aujourd’hui encore de faire tourner le monde
Et refleurir la vie.

Jean Lavoué, L’enfance des arbres

Bon Avent à toutes et tous !

« Ils partirent »

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 10 juillet, avec un petit complément 😉 :

« Le randonneur spirituel ou le voyageur éclairé savent qu’il n’y a pas de lieu saint ou sacré ; c’est notre façon de marcher sur la terre qui en fait une terre sacrée ou une lande profane et, s’ils aiment les lieux saints et sacrés connus et réputés comme hauts lieux et buts de pèlerinage, c’est pour mettre leurs pas dans les pas de ceux qui les ont précédés et qui, grâce à leur façon attentive, respectueuse et célébrante d’y marcher, on pu y reconnaître « la Présence ».

(…) c’est la Présence qui nous donne la force de marcher, c’est le Souffle qui à certains moments inspire et allège notre marche.

(…) Le pèlerin n’est pas parfait, il est perfectible,
c’est pour cela qu’il marche.
Il faut tant de chaos pour faire une étoile… »

Jean-Yves Leloup, in L’assise et la marche

Nul n’est prophète en son pays

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 3 juillet.

Acquis de Dieu, tu portes en toi sa marque innée
qui déroute les combines de la génétique
qui convertit les lois de la fatalité
qui fait voler en éclats les équations du déterminisme

A qui irions-nous ?
Toi seul sais qui nous sommes car tu sais qui tu es
et il nous faut des hommes qui connaissent intimement
les ressources étouffées qui sommeillent dans nos rêves

Acquis de haute lutte tu tiens le flambeau
qui éclaire pour rendre libre et rend libre pour aimer
Autiste extraverti qui cogne à mon carreau,
j’entends dans ta parole
la folie de celui qui fait faire naître un homme.

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

Doué pour garder surface, tu l’es vraiment !

Loin des quais, les voiles sur l’Océan Atlantique, il y a deux nuits, j’étais de garde. Des vagues violentes menaçaient à chaque fois de déborder sur le bateau, mais sa course se poursuivait et se prolongeait malgré tout. C’est même à ce moment-là que je formulais cette pensée parce qu’il en est ainsi dans la vie : quelque événement qui t’ait affronté, aussi longtemps que tu vis, tu passeras à travers.

Il y a six ans me voilà au fond du puits : rupture de ma relation, un déménagement récent, décès subit de ma mère et des dettes. Des mois durant je ressentais mes échecs dans toutes mes initiatives. Comment en suis-je sorti ? Pas à pas en  une discrète continuation. De la thérapie. De l’aide de mes amis matériellement aussi. L’un d’eux me permit d’habiter chez lui. D’après moi, la relation avec les autres ressemble à la force motrice d’un bateau en pleine mer : il semble qu’il y ait autour de toi des supporters qui t’accompagnent. 

Une véritable consolation, même si tu as l’impression de plonger la tête sous l’eau, tu ne t’enfonces pas vraiment. Car mon for intérieur a toujours été soutenu. Depuis le petit gamin qui admirait les bateaux en compagnie de son papa jusqu’à cet homme de 48 ans en compagnie de ses enfants, au milieu de son nouvel appartement plein de toutes sortes d’objets jusqu’à ce que je te dise « moi » j’ai toujours existé.  

Il s’agit du même noyau qui survit lorsque tu médites jusqu’à ce toutes tes pensées et tes expériences perdent leur sens. Par conséquent, quelles que soient les coups que tu encaisses, tu assumes aussi ta subsistance. Le ressens-tu ? Il ne te reste par conséquent que de continuer à garder surface. Même jusqu’à ce que tu meures. Ce qu’il y a de beau à la mort, c’est qu’elle constitue le relâchement ultime. C’est alors que tu deviendras la mer.

D’après Randall Casaer

Tekenaar en mensenflluisteraar

« Passons sur l’autre rive. » dit jésus à ses disciples qui emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque. Survint une violente tempête, des vagues surmontaient la barque et la remplissaient pendant qu’il dormait sur un coussin à l’arrière. « Maître nous sommes perdus. »

Marc 4,35,41

20 juin 2020

12e dimanche du temps ordinaire

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Traduction, composition et photo Guy Lambrechts

Pourquoi avez-vous si peur ?

Voici le texte lu à la fin de la célébration de ce 19 juin, en écho à Mc 4,40 :

Ainsi la peur
serait un
pas-encore

un pas-encore
de confiance

un pas-encore
d’assurance

un pas-encore
de consistance

Ainsi regardée
elle perd
de sa noirceur

et devient
une invite
à sortir

de la stupeur
où nous jette
parfois la frayeur

pour chercher
plus avant

l’annonce
d’une autre
lueur

le prélude
d’une autre
couleur

Parier

qu’à travers
la souffrance

en dépit
des apparences

la terreur
peut devenir

le terreau
d’une nouvelle
vaillance

Francine Carrillo, in Le Plus-que-vivant