Anniversaire de Lisette – 100 ans

Message de Guy Lambrechts:

A l’occasion de la célébration d’action de grâce souhaitée par Lisette
j’avais préparé un petit speech d’anniversaire et un arbre printanier fleuri
pour toute l’assemblée.
Mais vu les circonstances, nous ne nous rencontrerons pas ce samedi 14 mars 2020.
C’est pourquoi j’envoie mon speech et l’illustration.
Aurais-tu l’amabilité d’envoyer par mail ce courrier et ses documents aux amis de la communauté du bon pasteur?
Merci d’avance.

Ci-après, vous trouverez le texte et la photo, les 2 documents réalisés par Guy.

2020 14 MARS Anniv de Lisette 100 ans

2020.03.13 arbre fleuri

L’interview de Lisette par une journaliste de la rtbf est disponible.

Cliquer sur le lien :  https://www.rtbf.be/auvio/detail_l-anniversaire-d-une-centenaire?id=2618510

 

 

 

Prière sur la vie, l’amour et la mort – Gabriel Ringlet

Aimez-vous. Aimez-moi.
Si vous m’aimez, laissez-moi m’échapper.
Si vous aimez vos proches, laissez-les s’écarter.
Si vous aimez vos petits, laissez-les s’élever.
Si vous aimez vos grands, laissez-les s’envoler.
Si vous aimez vos défunts, laissez-les s’en aller.

Aimez-vous.
L’éloignement n’empêche pas la proximité.
L’absence ne supprime pas la présence.
L’écart n’interdit pas l’alliance.
La solitude ne rejette pas la solidarité.

Aimez-vous.
Le silence n’interrompt pas la parole.
L’ombre n’éteint pas la lumière.

Aimez-vous les uns les autres.
Allégez-vous les uns les autres.
Inventez-vous les uns les autres.
Elevez-vous.
Grandissez-vous.

Aimez-vous,
C’est tout neuf.

Aimez-vous,
Et vous donnerez du fruit.

Aimez-vous
Et vous goûterez la paix.

Aimez-vous,
Et vous mourrez la mort.

Aimez-vous,
Et vous vivrez la vie.

Aimez-vous,
Et ma Joie viendra vous caresser.
Et cette joie, Je vous le dit,
Personne ne pourra vous l’ôter.

Gabriel Ringlet

MBP – Quarantaine – 1

Continuons à faire communauté, même en quarantaine !


En Quarantaine 1Vous pouvez décharger le fichier pdf  Quarantaine-1 en suivant le lien ci-dessous ou cliquer sur l’image ci-contre.

 

200321_MBP_Quarantaine_1

 

 



Voici aussi un message de Marie-Dominique:

Chers amis de la mbp,

Voici quelques suggestions de lecture, chants,… pour notre célébration de ce soir, isolés mais en communion.

Je trouve que l’évangile d’aujourd’hui, les commentaires et chants…s’adaptent particulièrement bien au contexte actuel.

Bises électroniques mais pleines d’amitié,

Marie-Dominique


de « Eclats d’évangile », Marion Muller-Colard (en caractères plus grands, ce qui me parle particulièrement)

DU BON USAGE DU QUIPROQUO

L’Evangile de Jean use abondamment de quiproquos pour révéler le sens profond de chaque chose.
Quid pro quo, « quoi pour quoi », le quiproquo a la vertu de nous rendre attentifs à ce que nous mettons derrière les mots.
Avec Nicodème, Jésus nous entraîne vers le sens profond du mot « naissance ». Avec la samaritaine, il nous entraîne vers les profondeurs d’une soif qui n’est pas seulement le besoin biologique de boire. avec l’aveugle-né, il nous entraîne vers le véritable sens de la vision.
Partout où il jette son regard, Jésus épaissit le sens tout en le clarifiant. Voilà bien un art christique, et il nous faut nous entraîner longtemps pour amorcer, dans nos vies, un peu de cette alchimie.

Au lieu de quoi nous sommes comme des enfants, aveuglés par les « pourquoi ? ». L’aveugle ne voit pas, pourquoi?, demandent les disciples, sans mesurer que cette question les limite à la surface des choses. le premier quiproquo est là. là où je demande pourquoi, là où je m’entête à vouloir comprendre le mécanisme des choses, leur mécanisme en amont.
Et Jésus, lui, demande pour quoi.
Il m’entraîne en aval, il ne remonte aucun mécanisme mais interroge ma créativité et ouvre mon horizon : « C’est ainsi, voilà la réalité. et maintenant, que vas-tu faire? ». Quoi pour quoi? Tout pour « travailler aux oeuvres de Celui qui m’a envoyé » répond Jésus.
L’évangéliste Jean a raison: en évangile, tout est quiproquo. C’est à dire que chaque chose peut être utilisée pour en créer une autre. Un handicap peut être transformé en oeuvre de libération. Les matières les plus inertes de ma vie, je peux les travailler comme une oeuvre du Créateur.

Voilà le quiproquo dans son sens évangélique. Un quiproquo fécond qui déplace le sens du « pourquoi? » vers l’Espérance. Jésus, sans réponse au « pourquoi ? » des disciples, rend la vue à l’aveugle.

Mais arrivent les pharisiens qui ne prennent jamais une chose pour une autre, de peur de perdre pied et de découvrir à la vie une profondeur insondable. La loi a tout sondé, pensent les pharisiens, et le shabbat signifie qu’on ne guérit pas un aveugle du vendredi soir au samedi soir. Voilà un quiproquo mortifère : les pharisiens prennent la loi pour la Parole. Aussi prennent-ils Jésus pour un fraudeur. Alors, l’aveugle qui voit, au bénéfice d’un quiproquo évangélique, déjoue le piège du quiproquo pharisien : « C’est bien là, en effet, l’étonnant : que vous ne sachiez pas d’où est cet homme alors qu’il m’a ouvert les yeux ! » . Voilà comment on peut avoir les yeux ouverts et demeurer aveugle à la Vérité. Voilà comment « voir » peut vouloir dire deux choses, en évangile ; tout comme « naître », « avoir soif », « mourir »…Le quiproquo est permis, il est même encouragé : une fois qu’on a recouvert la vue, on peut prendre une chose en créer une autre. Mais enfin, on prend Jésus pour qui il, est : celui qui nous a libérés.


Prendre une chose pour une autre
un échec pour une chance
une nuit pour l’amorce d’un matin
un vide pour la place d’accueillir
une blessure pour une peau bientôt neuve

Prendre un ennemi pour un allié
qui m’enseigne l’art de ma défense

Prendre le temps pour la patience

Prendre le large pour un voyage
et la mort pour une espérance

Et toi, te prendre pour qui tues : celui qui a ressuscité
un sens à chaque mot de ma vie



Et 2 chants

https://www.youtube.com/watch?v=eRckpg_ZYvU
https://www.chantonseneglise.fr/voir-texte/588

https://www.chantonseneglise.fr/voir-texte/374
https://www.youtube.com/watch?v=mkH2G5c86oE&t=38s


Heureuse de découvrir bientôt vos partages
Bises et amitiés !

Marie-Dominique

Pour une spiritualité de l’insurrection

Je viens de relire un petit livre écrit par Francine Carrillo, « Pour une spiritualité de l’insurrection« . Une cinquantaine de pages dans lesquelles elle partage ses réflexions autour de l’évangile de la Samaritaine, qui nous est proposé pour ce 3e dimanche de Carême.

A défaut de se retrouver ce week-end, voici quelques extraits :

« (…) L’insurrection est le contraire de la soumission, de la peur et de la tiédeur. C’est la découverte que l’on peut faire des choix qui rendent libres et heureux. C’est un courage ancré dans la hauteur, un élan vers ce qui élève, une quête du rare. (…) J’ai choisi de relire avec vous le récit de la rencontre entre Jésus et la femme samaritaine au puits de Jacob, car cette femme représente pour moi la métaphore de ce ‘surgissement du dedans’ (…)

La Samarie de nos confusions 
(…) Nous sommes à la recherche de ce qui peut sourcer nos vies en profondeur et nous nous sentons perdus devant la profusion des voies qui s’offrent à nous. (…) Chacun est seul avec lui-même, chacun est responsable de son bonheur et du sens de la vie.

Or, c’est précisément là que Dieu passe, dans la Samarie de nos confusions et de nos mésalliances. En Jésus, il s’assied au bord de notre puits intérieur, ce sans fond où nous nous épuisons à puiser du sens par nos propres forces.

Le puits de nos épuisements
(…) ‘Donne-moi à boire’ A-t-elle bien entendu ? Lui, un Juif, adresse à la parole à elle, une Samaritaine ! Et de plus, pour lui demander d’étancher sa soif! C’est le monde à l’envers! Il arrive que Dieu nous prenne ainsi à rebours ! Il arrive qu’il nous rejoigne là où nous l’attendons le moins, c’est-à-dire là où nous sommes, là où nous en sommes.

(…) Où trouver cette eau jaillissante, où se cache-t-elle parmi tous les puits sur lesquels nous nous penchons, parmi toutes les fontaines auxquelles nous buvons et qui laissent notre soif intacte ? Comment l’obtenir ? (…)

A qui sommes-nous mariés ? 
(…) Le texte prend du sens quand on se souvient que ‘mari’, en araméen comme en hébreu, se dit ‘baal’, un terme qui désigne les dieux importés d’Assyrie, les faux dieux au regard d’Israël, car au lieu de renvoyer au jaillissement de la vie sur lequel nous n’avons aucune prise, il nous font croire qu’on peut maîtriser les forces de la nature, de la santé et de l’économie en leur sacrifiant nos forces. On peut lire dans les cinq maris de la Samarintaire tous ces objets ou ces réalités à qui nous vouons un culte et qui pourtant nous laissent vides. (…)

Et voilà que Jésus va encore la dépayser. Dieu n’est ni ici ni là, pas plus à Jérusalem que sur la montagne des Samaritains. (…)
Si Dieu a lieu quelque part, c’est dans le Souffle et dans la Vérité qui circulent entre les humains. S’il survient, c’est dans la respiration de la vie délivrée de son sommeil. (…)

Entrer en résurrection
Ceux et celles qui sont un jour interpellés par une parole décisive ne peuvent qu’entrer en insurrection. Il ne se contentent plus de ce qu’ils ont vécu jusqu’ici, ils abandonnent leur jarre, parce qu’ils ont goûté au Souffle et à la Vérité et qu’ils ont commencé à respirer autrement.

(…) Entrer en insurrection, c’est obéir au Souffle : il nous réveille de cette mauvaise somnolence qui est le propore de ceux qui subissent leur vie au lieu de l’agir. Ce n’est pas simplement ‘accueillir ce qui est’, mais c’est opérer des fractures dans les déterminismes de tous ordres. C’est choisi d’affronter le mensonge, la lâcheté, la peur, la convoitise, la tristesse, la laideur, toutes ces réalités qui nous tirent vers le bas. Entrer en résurrection, c’est devenir veilleurs, c’est parier sur l’avenir toujours plus grand, toujours autre que nos petites attentes. Et l’avenir commence au-dedans, là où nous pouvons le plus immédiatement changer quelque chose !

La Samaritaine a laissé sa jarre, c’est un geste de rupture qui inaugure du neuf pour elle. Elle ne va plus vivre comme avant, elle va désormais chercher à étancher sa soif autrement. Elle avance vers sa liberté. (…)

C’est à respirer large que nous sommes invités ! Et respirer, spirituellement parlant, n’est pas loin de ‘con-spirer’ qui signifie littéralement ‘respirer avec’. Articuler notre souffle au Souffle divin implique donc de conspirer contre les puissances qui défigurent le monde. Et inversement, la vraie conspiration est celle qui se laisse inspirer par plus grand qu’elle.

L’insurrection doit rester le fruit de l’amour, non de l’amertume. C’est parce que la vie est bonne à aimer qu’il faut contrecarrer les forces qui barrent cette bonté.  »

Bon dimanche et bonne semaine à tous !

 

Visages

Voici le texte lu lors de la célébration de ce 7 mars.

Fais tomber les masques et donne-moi un visage
un visage de douceur pour l’homme inconsolé
un visage d’autorité pour l’enfant en errance
un visage-paysage, familier et changeant

Fais tomber les vernirs, le maquillage, les marbres
et découvre nos traits les plus justes, les plus francs
un visage comme un phare qui irradie par coeur
un visage-refuge qui s’ouvre d’une main

Donne-nous un visage clair comme le sont tous les tiens
comme ceux qui se connaissent et ne dissimulent rien
sans pour autant tout dire. Se faire tout à tous
s’approcher, de pencher, et savoir repartir.

Marion Muller-Colard, in Eclats d’Evangile

Entrer en Carême

Voici le texte lu lors de la célébration de ce 29 février.

Entrer en Carême, c’est ouvrir sa porte
et réapprendre à bouger, à se déplacer, à vivre.
C’est refuser de rester figé dans ses positions,
ses dogmes ou ses certitudes absolues.

Entrer en Carême, c’est aussi changer de cap.
Mettre le cap sur Dieu en se laissant déranger
par les coutumes des autres, leurs idées,
leurs habitudes, leurs langues.
Se laisser surprendre par la musique de l’autre,
qui dit un autre rythme, un autre temps,
une autre chanson.

Entrer en Carême, c’est aussi se mettre à l’écoute
de la Parole, celle qui, au milieu des bavardages,
nous touche au coeur et nous arrache
non une larme, un billet de banque, un chèque
mais un geste de pardon, d’amour et de paix.

Entrer en Carême, c’est se mettre à l’écoute
de la réussite de Dieu, celle qui accepte la blessure,
celle qui ne profite pas de l’échec du faible,
celle qui n’exploite pas la naïveté
ou la sueur du faible.

Entrer en Carême, c’est se mettre à l’écoute
de l’amour de Dieu.
Pas un amour maquignon qui ne tient compte
que du tour de taille, de la beauté des yeux
ou du regard.
Un amour qui vous apprend à lire autrement,
à parler, à partager, à se rencontrer autrement.

Robert Riber.